C’est bien, c’est toujours aussi bien, c’est comme un début de relation amoureuse. Il n’y a pas d’habitude, que de la découverte.
J’ai une qualité de concentration que je ne trouve pas ailleurs en ce moment.
Je mets des passages, ça ne sera pas muet, mais je reviendrai avec les dialogues plus tard, déjà, là, j’arrive presque à faire des planches...
Les pages manquantes de la séquence de 140 images que j’ai imprimé hier, il les a bien oublié dans sa machine avant de me tendre le paquet. De là où je m’en rend compte, je suis à plus d’une heure de trajet. Ca tombe bien parce que ces jours-ci je ne suis pas du tout sur les nerfs.
Ce week end, j’ai repoussé l’écran, la palette graphique, ramassé les disques durs, mon story board, j’ai sorti du papier, des crayons, un peu de peinture, une grosse gomme.
Après une semaine bien chargée, j’ai ressorti le dossier bande dessinée...
Ceux qui suivent remarquerons que depuis cet été je n’ai pas fait beaucoup d’allusions à ce projet. Mais oui...
Mais j’ai du mal à être sur tout les fronts pour être honnête.
Et aussi pour être honnête je me demandais bien comment j’allais régler ce problème de dessin tout mou que j’avais...et je repoussais un peu le moment ou j’allais devoir me frotter à nouveau au problème, c’est vrai !
BON ! Mais pour commencer, quand j’ai relu mon découpage j’ai eu encore plus les boules.
Sauf que je n’ai pas le choix là vu les circonstances, de toutes façons, il faut s’y coller alors je me suis dit "Tu as deux jours devant toi, le tout c’est de redémarrer la machine, tranquillou comme dit Michel", j’ai sélectionné un passage qui me disait bien, pas trop effrayant, et puis j’ai commencé...
Et puis au bout de quelques heures, j’avais plutôt avancé, et là un sentiment rare m’a envahi...la satisfaction...!
Pas de trouver que j’ai fait un truc génial ahahaha ! la blague ! Non, simplement, la satisfaction de n’avoir pas vu passer le temps et d’avoir pris du plaisir.
À côté de ce que je fais en animation en ce moment, dessiner pour de la bande dessinée, c’est comme faire des petits bisounours souriants sur des petits nuages.
Et puis, il n’y a rien à faire, finir une planche ça vient tellement vite ! Ahlala c’est fou ! Même si tu refais des dessins, c’est pas comme refaire une animation, quand quelque chose cloche, bah c’est à peu près vite résolu... ( Enfin, faudrait pas que je parle trop vite, parce qu’il me reste quand même une trentaine de planches et toutes mes sessions ne seront peut-être pas aussi fructueuses....)
Alors que finir un plan "oh mon Dieu", ça c’est long, chez moi c’est long...!
Je ne vais pas rentrer dans le détail et commencer à me demander si l’un est plus "facile" ou "évident" que l’autre, c’est sûrement une question de contexte, de contraintes, - je me rappelle avoir surtout travaillé le piano pendant mes études d’illustrations - ...
C’est juste que quand, en création, quelque chose se passe bien, c’est une source d’énergie pour le reste et ça fait vraiment du bien.
Et je crois que ça n’était pas arrivé depuis un bon moment avec le dessin et fatalement ça finit par poser un sérieux doute.
Voilà, mais pour le moment, le plaisir est là. OUf.
Rha ! Ca avance !
Je trouve des trucs dans after effect qui me changent la vie, aussi j’ai le droit de squatter une machine, une bête, un truc fou qui te fait un rendu j’ai même pas le temps de me retourner...
Ah par contre, ça plante parfois... Je me suis fait berner j’ai cru que ça n’arriverai plus jamais, mais si, j’ai paumé deux heures de boulot.
Un truc assez pénible à faire en plus, forcément parce que sinon on n’apprécie pas vraiment.
Bref.
C’est pas fini mais ça ressemble quand même déjà à quelque chose...
1er janvier. Début du rush.
J’ai 3,4 mois pour terminer toute une série de choses sérieuses et assez déterminantes.
1 mois supplémentaires pour me retourner.
On passe à trois.
On n’aura pas trouvé mieux comme deadline.
Si j’assure, le timing sera parfait.
À la rentrée, nouvel horizon encore indéterminé mais tout à fait excitant. À ce moment là on parlera des nouveaux projets
3,2,1, c’est parti. Si pas de nouvelles, rendez-vous en avril.
Avant de jeter un fichier d’export temporaire qui contient toutes les images du film, j’ai fait une petite sélection au pif.
J’ai mis la dose, ça compensera peut-être l’énorme lacune de ce site en image.
Ca me désole si seulement je pouvais un peu avoir le temps de dessiner à côté...rhhaa...
Il y en a que je ne peux plus encadrer, le début notamment, mais je pense que c’est normal, d’autres qui me laissent très perplexe, ça doit être normal aussi, et puis d’autres qui sont "en construction", bref...
La seule chose qui me fait vraiment plaisir c’est que les parties dessinées au crayon "à construire" deviennent vraiment minoritaires...
Non, il est encore trop tôt pour dire que je vois le bout mais, je vois que le début du bout n’est pas très loin...
Les petits, ce sont mes préférés de loin.
Ils viennent d’une peinture d’Antoine Caron, "Les funérailles de l’Amour" qui est au Louvre.
On remarquera qu’au passage ils auront perdu quelques détails anatomiques camouflés dans une sorte de babigros ( certainement une réminiscence de mon vécu du confort absolu )...
On les retrouve dans chaque scène où le cortège est présent, les autres je ne les rappelle pas vraiment. Eux c’est différent, ils mènent. C’est venu comme ça, ce sont les têtes du cortège.
Et s’ils font des trucs bizarres, c’est que j’ai laissé se faire un mouvement qui venait et qui n’était pas prévu. Si un jour je parviens à animer comme je veux ça n’arrivera plus. En attendant ça me donne l’impression que je ne suis pas toute seule à décider de ce qui se passe au fil de ces centaines et centaines d’images.
Dans cette "scène" ( c’est abstrait montré comme ça je sais ), il vont s’éloigner, disparaître et on ne les reverra plus. C’est fini.
Un début de fin, ça se fête ça non ?